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Ce post a été écrit par Efficyers

Entreprises, faites le saut vers la gamification

Dominique Mangiatordi, expert en gamification et directeur marketing d’Efficy nous a livré, lors du TEDx Liège, un speech captivant sur la gamification dans le monde du travail.

En une phrase, son discours pourrait être résumé comme ceci:

Arrêtez de travailler au bureau… et commencez plutôt à vous amuser avec la Gamification !

Sans le savoir vous êtes déjà dans l’univers du jeu…

On en apprend plus sur un collègue au bureau en jouant une heure avec lui à n’importe quel jeu – idéalement un jeu de société ou même un sport – qu’on en apprend en une heure de collaboration au travail (entre les réunions et la machine à café).

Le jeu est un formidable test de personnalité – probablement le meilleur. Quand on joue, ce qui peut sortir d’un jeu est très instinctif. Dis-moi à quoi tu joues et je te dirai qui tu es. Montres-moi ce qui te stimule et quelles sont les gratifications que tu veux aller chercher dans un jeu et je ferai rapidement le parallèle entre ta vie de joueur et ta vie de travailleur, d’employeur, d’entrepreneur, etc.

Les parallèles sont flagrants. On est tous des joueurs. Je prends le jeu au sens très large du terme où on a tous une propension au jeu qui est naturelle et instinctive. Par exemple, qui parmi vous a joué à un jeu sur smartphone dans les dernières 24 heures ? O. K., j’ai environ 20% à vue d’œil.

Maintenant, qui parmi vous a été sur Facebook dans les dernières 24 heures. Là, on approche plus de 80-90%. J’ai un scoop pour vous : Facebook, c’est un jeu social. Ce que vous retrouvez dans Facebook peut se retrouver dans un jeu. Par exemple, dans Facebook, vous avez un score.

Il ne porte pas son nom, mais lorsque vous publiez quelque chose et que vous attendez des Likes sur votre publication, c’est un score comme dans un jeu et vous pouvez avoir un bon, un moyen ou un très mauvais score.

Dans Facebook, vous avez une notion de niveau que vous retrouvez également dans beaucoup de jeux. Lorsque que vous atteignez – comme certains dans la salle – 5.000 amis, vous ne pouvez plus rester dans ce stade, vous passez au niveau 2 et vous devez avoir une page Artiste, Star, Célébrité, etc. Dans un jeu vidéo, c’est Level Up. C’est la même chose.

Nous sommes tous des joueurs… et nos enfants encore plus !

On est tous des joueurs : enfants, adultes, personnes âgées, hommes, femmes, ouvriers, employés, cadres. Malheureusement – ou heureusement pour nous – on a tendance encore trop souvent à résumer le jeu à une activité pour jeunes adultes ou pour enfants.

C’est très bien, ça me va puisque j’adore prendre comme exemple les enfants et leurs comportements pour transposer ce qu’ils font à des activités d’adultes dans un cadre professionnel.

Les enfants sont des joueurs naturels et décomplexés. Ils jouent de manière très professionnelle ; c’est leur activité principale.

Un enfant de dix ans aujourd’hui dans nos pays développés va jouer à plus de quinze jeux différents quotidiennement. Sa vie et ses journées sont rythmées par le jeu. C’est ce qui rend probablement pour lui ou pour elle encore plus difficile aujourd’hui le reste.

Entre les quinze jeux sur la journée, je dois aller à l’école ; à 18h30 maman m’a fait des choux de Bruxelles, je n’aime pas ça… Ma journée est entrecoupée d’activités qui ne sont pas ludiques au départ. C’est ce qu’on appelle la gamification (ou ludification pour nos cousins québécois): la transposition de techniques de jeu dans un environnement qui n’est pas ludique ou qui n’est pas stimulant pour créer de la stimulation.

Je prends un autre exemple : Julie apprend à se brosser les dents…

Pour les parents qui sont dans la salle, faire en sorte que ses enfants se brossent correctement les dents, c’est un vrai challenge et c’est un triple challenge : il faut qu’ils se brossent les dents régulièrement (deux, trois fois par jour) ; il faut qu’ils se brossent les dents deux minutes entières – bonne chance !

Et quand vous avez atteint ces deux challenges (qui sont déjà pas mal), il faut encore qu’ils se brossent les dents correctement, c’est-à-dire dans chaque coin de la bouche et sur toutes les dents.

Cela, Julie, ça ne lui plaît pas du tout. Sa motivation est extrinsèque : si elle ne le fait pas, il y aura des conséquences négatives – elle se fera gronder, etc. La motivation devrait être intrinsèque.

Je vous montre un exemple de Gamification adapté au brossage de dents. Dans cet exemple de gamification d’un acte quotidien, Julie a oublié qu’elle se brossait les dents, elle joue, elle est dans le score, etc. ; sa motivation devient intrinsèque, elle joue pour le jeu et se brosse les dents pour le jeu.

C’est une petite startup (qui va grandir) qui s’appelle Kolibree et qui est à Paris. Ils sont excellents.

La gamification à l’école…

On est dans le quotidien mais le quotidien des enfants, c’est surtout l’école. C’est bien un domaine où il y a du travail à faire en ludification : c’est l’apprentissage et c’est les écoles pour les enfants et pour les adultes.

Aujourd’hui, quand vous participez à des conférences, ça ressemble encore à ceci : « Good morning and welcome to nuclear physics xx5:43 1. » Je suis là, je suis tout seul sur une scène, je vous distille mon savoir, je me répands, et vous êtes passifs en train de m’écouter.

Super ! Je pense que je peux faire un effort mais je ne vous tiendrai pas en haleine deux ou trois heures. Et les enfants doivent passer une journée comme cela. Donc, dans l’apprentissage, la gamification a toute sa place et je vais le dire dans l’autre sens : le meilleur moyen d’apprendre quelque chose, c’est le jeu.

C’est la meilleure technique. On a tous joué à des jeux d’apprentissage ; les animaux jouent à des jeux d’apprentissage ; ils répètent des rites qui sont des jeux pour apprendre à devenir un adulte.

Pourquoi l’apprentissage par le jeu fonctionne-t-il ?

C’est parce que dans le jeu le feedback est immédiat. Si vous faites un progrès dans un jeu, on vous le dit tout de suite et normalement, on vous survalorise, donc, vous êtes au courant que vous êtes en progression.

Je rêve d’avoir dans ma voiture sur mon GPS un écran de la gendarmerie qui m’envoie une petite félicitation en me disant : « Ça fait trois ans que tu n’as pas pris de PV ! » (Ça arrivera un jour). Cet indicateur de progression, c’est un des moteurs, c’est une vertu principale du jeu. Jouer, c’est progresser de manière visible.

Et malheureusement – ou heureusement, parce que c’est notre chance par rapport à notre activité – c’est que dans les entreprises, vos progrès ne sont pas valorisés en temps réel et vous n’avez pas de feed-back ou trop peu en temps réel sur une progression, beaucoup trop peu.

Il y a beaucoup de travail à faire là-dessus.

Les règles, les fondements d’un bon jeu !

La deuxième vertu du jeu que je voudrais partager avec vous aujourd’hui, c’est l’existence de règles. Aujourd’hui, le terme c’est rébellion, mais dans un jeu bien fait la première chose à faire, c’est de définir un règlement.

Pour que le jeu fonctionne et que les joueurs soient motivés et appliqués, il faut qu’il y ait des règles : c’est très rassurant, c’est très stimulant, c’est très motivant, c’est très juste, c’est très transparent.

Dans la vie réelle, malheureusement, nous n’avons pas cette chance : les règles, soit elles ne sont pas connues, soit elles n’existent carrément pas. Soit, elles existent mais elles sont complexes ou changeantes ou pas respectées. Imaginez quelqu’un qui vous apprend un jeu et qui est le premier à tricher.

Je pense que tous les joueurs arrêtent de jouer tout de suite. Malheureusement, dans la vraie vie, on est toujours obligé de remplir sa déclaration d’impôts malgré le fait que le ministre du budget… etc.

Les profils des joueurs

Dans un jeu, on est un autre soi-même ou un meilleur soi-même. J’ai pris volontairement un exemple extrême qui est World of Warcraft – c’est un des jeux les plus populaires des jeux de rôle en ligne.

Je vous prends un exemple plus basique : si vous quittez le bureau à 17h pour aller jouer au tennis avec des amis, à partir du moment où vous allez enfiler votre tenue de tennisman ou de tenniswoman, vous êtes le joueur de tennis.

Et votre historique de joueur de tennis, votre niveau, votre score précédent, ce que vous voulez atteindre à ce moment-là fait surface. C’est toujours vous mais c’est vous le joueur de tennis.

En entreprise, malheureusement, c’est souvent « vous, vous, vous » et le même « vous ». Et donc, les managers de demain vont devoir inventer des scénarios qui vont permettre quand même de vous projeter dans des fonctions qui sont changeantes avec des motivations qui changent, etc. et d’être parfois des personnages.

Si on vous envoie en séminaire en Pologne pour représenter la société, vous êtes l’ambassadeur de la société ce jour-là – c’est la première fois que vous le faites et vous avez un rôle en essai.

World of Warcraft, c’est aujourd’hui 6 millions de joueurs qui payent 15 euros par mois pour jouer à ce jeu et pour devenir quelqu’un d’autre. C’est le jeu qui a le plus de No Life, (ces gens qui, malheureusement, quittent la vie réelle pour tomber et fondre dans le jeu).

Ils sont de plus en plus subtils, tous ces jeux, parce que, non seulement, on peut personnaliser un personnage mais on peut également aller très loin dans la psychologie du personnage.

Avec tous ces modules de chats et toutes ces interactions entre joueurs, c’est un peu de moi au niveau de ma personnalité que je peux mettre dans un joueur.

Et souvent, c’est moins fantasmé et moins le meilleur que celui que j’aurais voulu être dans la vie réelle. Je vous parle de World of Warcraft parce que ce jeu est utilisé par les experts de gamification pour définir ce qui fonctionne en entreprise parce que c’est un des rares jeux où les quatre profils type de joueurs – que je vais vous montrer – peuvent s’épanouir.

Dans ce jeu, chacun des quatre profils peut aller au bout de ce qu’il souhaite.

Les 4 profils de joueurs de Richard Bartel

Avant de vous parler des quatre profils, je vais vous poser une petite question qui a été inventée par Richard Bartel. Imaginons une situation où vous courez tous les dimanches avec des amis en petit groupe de cinq ou six personnes ; vous êtes des sportifs amateurs et vous courez cinq kilomètres, donc votre niveau n’est pas terrible.

Mais ce jour-là, il fait particulièrement beau et un des amis lance : « Et si on faisait le marathon de Barcelone en septembre (dans quatre mois) ? » Et là, tout le monde est de bonne humeur et donc tout le monde y va : « Yes, on le fait. »

Imaginez-vous dans cette situation : qu’est-ce qui, à votre avis, va vous motiver plus qu’autre chose ?

Est-ce que ce qui vous motive ça va être de vaincre les autres qui sont dans le groupe ? Vous êtes cinq et vous voulez être le meilleur du groupe à l’issue de ce marathon ?

Ou alors, vous avez un score en tête où vous voulez finir le marathon où vous voulez le faire en 3 heures 29. Ce qui vous stimule, c’est pendant les quatre mois d’entraînement que vous allez faire avec vos amis, l’aventure que vous allez vivre ensemble. Donc, l’entraînement en lui-même est une motivation ?
Ou enfin, ce qui vous motive, c’est d’aller à Barcelone, vivre un marathon (ce que vous n’avez jamais fait) et découvrir Barcelone que vous n’avez jamais vu ?
gamification

– Ceux qui sont sur la première notion (vaincre les autres membres du groupe), levez le doigt s’il vous plaît ! C’est difficile à avouer, mais 10% de la population est censée lever le doigt.

– Deuxième possibilité : ce qui vous intéresse, c’est d’atteindre un score personnel ; vous voulez progresser dans votre niveau de xx12:34 et vous voulez atteindre un score.

– Troisième possibilité : vous allez vivre quatre mois super stimulants avec vos copains et vous entraîner à fond et c’est super.

– Dernière possibilité : découvrir Barcelone et le monde des marathoniens.

Le tueur, dans un jeu, c’est quelqu’un qui est motivé par le classement ; il veut surpasser les autres – il porte bien son nom. Si je suis dans un groupe de cinq et que le groupe de cinq est médiocre, je veux quand même être le meilleur des médiocres ; la qualité intrinsèque de ce qu’on fait ne m’intéresse pas ou peu. Je suis très sensible au classement lorsque je suis un tueur, c’est ce qui compte pour moi.

Le deuxième profil (l’accomplisseur) est intéressé par sa progression en termes de compétence, de savoir-faire Il veut progresser dans sa discipline ou collectionner des expertises dans plusieurs disciplines : je veux mon brevet de secouriste, mon brevet de pilote d’hélicoptère, mon permis de conduire de camion, etc., je veux devenir bon en Espagnol et fluent dans deux ans. Ils sont très sensibles à la notion de niveau et ils peuvent aimer les classements à conditions que les classements donnent un indicateur clair de progression de qualité ou de performance.

Le troisième profil (celui du socializer) qui est majoritaire dans la population concerne les personnes qui, dans un jeu vidéo comme dans la vie réelle, sont d’abord intéressées par les interactions avec les autres joueurs. Ce qui compte, c’est mon rôle dans l’équipe, ce que je vais pouvoir faire pour les autres et avec les autres. Dans World of Warcraft, le socializer va vouloir rejoindre une guilde (qui est un groupe) et il va attendre que le chef de la guilde lui attribue un rôle.

Et le dernier profil qui est le plus rare, par contre, c’est l’explorateur : c’est quelqu’un qui a soif de découverte et qui veut découvrir des nouveaux territoires, des nouveaux pouvoirs inconnus, etc., qui est très curieux. Dans une entreprise, c’est quelqu’un qui va être tourné vers l’innovation ; c’est quelqu’un qui va remettre un savoir-faire acquis en cause et dire qu’on devrait réfléchir différemment.

Très utile aussi – en fait, les quatre profils le sont aussi, même les tueurs qui sont parmi vous. Si vous avez une équipe composée d’un seul profil, toutes les études montrent que c’est insuffisant, il faut un savant mélange. Si vous n’avez que des tueurs, c’est une catastrophe.

Si vous n’avez que des socializers, parfois, on s’écarte de la notion de performance de l’entreprise et de l’objectif réel. Ces quatre profils sont la base de tout le travail que nous faisons et c’est dingue à quel point on peut les découvrir dans l’activité quotidienne au bureau.

Par conséquent, mon message aujourd’hui – simplement en guise d’introduction pour cette journée – c’est encore rebelle de parler ainsi puisque la gamification dans l’entreprise, on est vraiment au tout début.

Aujourd’hui, si vous voulez motiver votre équipe et commencer par un jeu, un vrai jeu bien appliqué, j’en croise très très peu mais, le pari qu’on fait c’est que ça va changer. Et si vous avez des responsabilités dans votre entreprise et une équipe à gérer, je vous invite et vous encourage à prendre les devants et à réfléchir autrement et commencez à réfléchir par une mécanique de jeu et vérifiez que ça fonctionne, puisqu’on le vérifie tous les jours.

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